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Rififi au club du griffon Article de Christian Gricourt, paru dans " Plaisir de la chasse" - janivier 2009
L’emploi du Pointer à la chasse et dans les concours Article de Jean-Claude Darrigade Président du Pointer Club International
Article de Christian Gricourt, paru dans " Plaisir de la chasse" - janivier 2009, (reproduit ici avec sa permission).
Rififi au club du griffon
Au cours de la dernière assemblée générale du club français du griffon d’arrêt à poil dur (le célèbre Korthal), le docteur Pierre Lautier, secrétaire général adjoint, avait préparé un rapport sur les problèmes de « métissages » qui impliqueraient deux ou trois éleveurs, parmi lesquels un professionnel réputé.
Nous avons voulu en savoir davantage mais là, les choses se sont un peu compliquées car le club du griffon est un monde très fermé, comme souvent d’ailleurs dans le milieu canin. Au troisième courriel, la réponse du président André Gallet-Lachaise fut la suivante :
« Monsieur, je n’ai pas l’honneur de vous connaître. Dans l’immédiat cette affaire est interne à notre club et ne justifie aucune information grand public. Notre comité doit analyser les propositions que j’ai faites pour éradiquer ces stigmates de métissage, prendre les mesures nécessaires dans le milieu de l’élevage et développer les contrôles ADN. Je pense que ces propositions, à quelques amendements près, seront validées par tous les membres du comité pour répondre aux attentes et aux souhaits des griffonniers ».
Le lendemain, je recevais cette précision, en guise de complément révélateur :
« L’accès à l’assemblée générale est strictement réservée aux membres du club du griffon Korthal, à jour de leur cotisation, et n’a aucun caractère grand public. Le compte-rendu des débats paraît seulement sur le bulletin du club. Il appartient au seul comité de notre club de juger si une communication doit être faite sur le sujet que vous évoquez ».
Devant l’impossibilité de débattre de cette question en assemblée générale, plusieurs administrateurs, dont Jacques Carpentier, un des plus anciens juges formateurs du club encore en activité, ont rédigé et co-signé une « motion de sollicitations » envoyée aux membres du club, dans laquelle ils demandent la convocation d’une assemblée générale extraordinaire. La lecture de cette motion est édifiante :
« Les quelques passionnés qui ont assisté à notre dernière assemblée générale sont déjà informés des problèmes de métissages dont deux ou trois éleveurs sont responsables (parmi lesquels un professionnel réputé), grâce à un rapport du docteur Pierre Lautier. En accord avec ce dernier et plusieurs autres membres du comité, nous avons exigé que ce rapport soit lu en assemblée générale comme cela avait été prévu. Ce compte-rendu assez sulfureux mettait nommément en cause un éleveur professionnel connu. Malheureusement une majorité du comité a refusé de prendre ses responsabilités, au prétexte du respect de la confidentialité ».
Le comité s’est alors désolidarisé de ce texte au motif qu’il ne lui avait pas été préalablement soumis. Curieuse conception de la démocratie !
Pourtant, les faits semblent graves. Les rédacteurs de la motion disent posséder différents témoignages écrits :
- un témoignage affirmant que le président Gallet-Lachaise était parfaitement au courant du croisement d’une lice setter, appelée LINA, avec un griffon ;
- une plainte déposée par Madame Cebulli qui a dû faire castrer son étalon RUTH parce qu’il engendrait des setters.Des pratiques commerciales malhonnêtes
Ils précisent encore que « des études statistiques prouvent que la majorité des sujets tricolores, blancs et hors-type de ces dernières années, existant aujourd’hui dans notre race, sont liés à l’affixe mis en cause. L’utilisation des produits de cet élevage entraîne automatiquement des descendances non conformes au standard, pas forcément à la première génération, mais à la deuxième ou à la troisième ».
Il y aurait aussi différents témoignages qui font état de pratiques commerciales malhonnêtes et des suspicions de malversations concernant les radios de dépistage de la dysplasie de la hanche.
René Esparbes, ancien membre du comité, éleveur depuis de nombreuses années, n’a pas supporté les vindictes de cet éleveur malhonnête qui fait trafiquer les radios des hanches. Devant l’absence de soutien de la part du président, il n’a pas souhaité faire renouveler son mandat.
Deux autres membres du comité ont failli être débarqué : Jimmy Leclercq et Hubert Lasvergnas. Ce dernier a fait l’objet d’une plainte adressée au président de la Société centrale canine qui n’a pas souhaité nous répondre.
Confronté à ces problèmes, et après avoir estimé que la presse n’avait pas à relater ces faits (!!!) le président Gallet-Lachaise s’est contenté d’adresser le 6 octobre une « lettre aux griffonniers » dans laquelle il détaille le programme « que nous envisageons de mettre en place pour éradiquer les stigmates de métissage qui sera proposé lors du prochain comité ».
Ce programme porte sur le standard de la race, les tests ADN, l’instauration d’un prix « Poil dur » dans les expositions spéciales, régionales et nationales d’élevage, la lutte contre la falsification des radiographies de détection de dysplasie, et la lutte contre le métissage.
Le président du club conclut ainsi son courrier en faisant appel à des notions qu’il semble avoir oublié :
« Ambitieux peut vous paraître ce programme qui ne peut être mené à bien que par une équipe soudée ouverte au débat d’idées dans le respect de la tolérance (…). Ne pouvant tolérer la conduite offensante et odieuse à mon égard lors de réunions ou dans les écrits, j’ai effectivement souhaité prendre des mesures envers les 2 membres du comité, cités dans la motion de Monsieur Carpentier ».
Le 15 novembre, la motion de Jacques Carpentier avait reçu le soutien de 425 membres du club, c’est-à-dire plus de la moitié des effectifs. Une assemblée générale extraordinaire doit se tenir en janvier et on saura alors si le club du griffon a réussi à balayer devant sa porte.Christian Gricourt.
C’est l’histoire d’un chasseur largement retraité, utilisateur passionné de korthals calmes et broussailleurs, et qui a reçu un jour en cadeau, un joli chiot au pedigree flatteur, en remplacement de son compagnon à quatre pattes parti rejoindre les chasses éternelles. Devenu adulte, et à la grande surprise de notre retraité, ce griffon a refusé d’aller « à la ronce », alors que c’est une des qualités essentielles de cette race. Sur le terrain, il s’est comporté comme un véritable setter. La mésaventure est arrivée à d’autres amateurs, complètement étonnés de ne plus retrouver les qualités innées de cette race. La faute à quelques « manipulations » douteuses dénoncées lors de l’assemblée générale du club français du griffon d’arrêt à poil dur.
Maladie héréditaire, la dysplasie de la hanche se manifeste par une arthrose plus ou moins importante. Un ligament appelé «ligament de la tête» aide au maintien de la tête du fémur dans la cavité glénoïde du bassin. Dans le cas d’une dysplasie, il existe une défaillance de ce ligament. Il ne fixe plus complètement la tête ce qui entraîne une déformation puis de l’arthrose. Le traitement peut consister soit en l’administration d’anti-inflammatoires, soit en une opération chirurgicale (pose de prothèses). Après une radiographie (seulement à partir de l’âge de 12 à 18 mois selon la race), le chien est classé dans l’une des catégories correspondant à son état : de A à E (A étant le signe de l’absence de dysplasie et E la forme la plus prononcée). Ce “vice rédhibitoire” impose le remboursement intégral du chien à l’acheteur en tant que vice caché.
Article de Jean-Claude Darrigade Président du Pointer Club International; Spéciale Pointer Club. ( avec l'autorisation de l'auteur)
L’EMPLOI DU POINTER A LA CHASSE ET DANS LES CONCOURS
Le pointer est avant tout un chien de chasse et il est à souhaiter qu’il le reste encore longtemps même si la chasse est de plus en plus menacée dans tous les pays.
La lecture de l’ouvrage de William Arkwright « Le pointer et ses prédécesseurs » nous donne une image précise de la naissance et de l’évolution de la race et surtout de son utilisation à la chasse aux grouses dans les moors britanniques.Dès son apparition sur le continent, notre pointer a connu un extraordinaire développement tout particulièrement dans la zone méditerranéenne. Les britanniques l’avaient conçu, les latins l’ont façonné et l’influence de talentueux cynophiles tels que Solaro a peaufiné la carrosserie de cette merveilleuse bête de chasse.
Le pointer a prouvé sur tous les terrains son adaptabilité à la chasse. Ses qualités athlétiques exceptionnelles lui permettent d’affronter les terrains les plus divers. Il a séduit les utilisateurs les plus exigeants par son style et ses qualités.
On l’utilise aujourd’hui en plaine, en montagne, au marais, en forêt. Partout il démontre l’immensité de ses possibilités et de son talent. Il a ses farouches admirateurs qui pour rien au monde, n’accepteraient de chasser avec une race différente.
Les concours sont venus bien plus tard, initiés par des propriétaires sportifs qui souhaitaient comparer leurs chiens respectifs présentés par leurs gardes-chasse.
Les premiers concours ont été organisés au printemps sur perdreaux. Vous connaissez aujourd’hui l’ampleur de ce phénomène puisque des compétitions nombreuses et variées se déroulent chaque année non seulement sur perdreaux mais pratiquement sur tous les gibiers. La chasse diminue, la compétition se développe….
L’objectif de la compétition est de récompenser les chiens qui pourront être utilisés comme géniteurs de futurs chiens de chasse. Il ne faut pas perdre de vue ce but essentiel à mes yeux, cette finalité incontournable.Lorsqu’un chasseur assiste pour la première fois à un concours, la première pensée qui lui vient à l’esprit est certes qu’il assiste à une compétition de chiens, mais surtout à une course de vitesse.
Effectivement la rapidité des galops induit cette impression. Les distances de quête sont souvent exagérées et peu de gibier est utilisé par les chiens. Rien dans le spectacle ne lui rappelle la chasse. Je dis que cette dérive est inquiétante.J’ai beaucoup chassé avant de devenir juge et j’ai toujours l’impression d’être à la chasse lorsque je juge un concours. Ceci explique que, souvent, je rappelle aux conducteurs les conseils du chasseur : marchez plus lentement, soyez plus discrets dans l’utilisation du sifflet.
Certes j’apprécie les belles allures, les beaux styles de galop et d’arrêt, mais le chasseur que je suis n’oublie jamais que le chien est sur le terrain pour me montrer et me faire tirer les oiseaux.
A quoi sert au chasseur un pointer qui dévore le terrain avec un magnifique galop s’il est incapable de lui arrêter le gibier…. A rien.LE POINTER A LA CHASSE
A mon sens on peut ainsi imaginer le chien : la tête, c'est-à-dire le cerveau divisé en deux pôles d’activité qui se traduisent par
- l’envie de courir
- l’envie de chasser
Si l’envie de courir est extrême, votre chien galope vite, loin, longtemps et il ne chasse pas. A l’inverse, si c’est l’envie de chasser qui est prédominante, il tourne autour de vous, le nez au sol et explore tous les secteurs susceptibles de tenir du gibier.
Vous le comprendrez aisément l’idéal est un équilibre harmonieux entre ces deux pôles d’activité
Cet équilibre n’est jamais définitivement fixé. Il est important de savoir analyser le comportement du chien qui dans son attitude traduit sa concentration dans la recherche du gibier.
Beaucoup de chiens courent mais ne sont pas suffisamment concentrés dans l’action de chasse.
Faire courir un chien sur un terrain vide de gibier ne développe pas son instinct de chasse. Si son instinct de chercheur n’est pas sollicité de temps en temps, il va occulter cette fonction et ne plus penser qu’à courir, à dévorer l’espace sans chasser, sans utiliser son nez.
Si en concours le chien est toujours placé dans les conditions idéales pour l’exploration du terrain, ce n’est pas le cas à la chasse. Là il devra faire preuve d’intelligence pour négocier les difficultés qu’il va rencontrer, par exemple, le vent arrière ou dans des terrains à la topographie complexe. L’exemple le plus parlant est l’utilisation du chien en montagne où il doit gérer son effort physique en utilisant à la fois la direction du vent, qui souvent vient du bas, et également les courbes de niveau pour économiser ses forces.L’intelligence est à mes yeux une qualité primordiale car elle sublime toutes les autres.
L’instinct de la chasse par exemple va se développer chez le jeune chien en présence du gibier. Grâce à son intelligence il va tirer les leçons des réussites ou des échecs et constituer ce que l’on appelle l’expérience. Il va mémoriser les secteurs favorables et ainsi acquérir la possibilité de rencontrer davantage de gibier et exacerber sa passion de la chasse.
Evidemment un jeune chien doit montrer sa progression au fur et à mesure de ses rencontres avec le gibier durant ses différentes sorties. S’il n’évolue pas, c’est qu’il n’est pas intelligent…. Et les chiens stupides.... il y en a déjà beaucoup trop.
Le chasseur doit aider le chien à acquérir cette expérience en orientant sa quête vers les secteurs propices où il aura la possibilité de rencontrer le gibier. Ainsi nous savons tous que dans un champ de blé la densité de perdreaux est plus forte sur les bordures et pourtant je constate qu’en concours beaucoup de chiens ne vont pas explorer ces trente derniers mètres, sans doute parce que on ne leur a pas appris à le faire au cours de leur éducation.
Après l’instinct de la chasse, nous allons parler maintenant d’un organe essentiel du pointer : le nez
Le nez du pointer : un radar merveilleux capable d’identifier la moindre odeur, j’allais dire la moindre molécule de gibier.
Je pense que tous les chiens ont du nez. Ils ont tous la possibilité de percevoir l’émanation mais seulement certains sont capables de l’analyser car tous ne sont pas dans les conditions de disponibilité soit par manque de concentration soit par manque d’intelligence.
Encore faut-il qu’ils soient créancés c'est-à-dire qu’ils associent le gibier à l’émanation qu’ils perçoiventCertains nez de pointers s’adaptent parfaitement à la sécheresse estivale alors que chacun sait que les émanations sont mieux portées dans une atmosphère humide. Certaines lignées sont réputées et très recherchées en Espagne pour la chasse à la caille sur les plateaux de Castille.
La chasse demande au chien plusieurs qualités et en particulier l’une d’elles qui n’est pas vérifiée en concours : l’endurance. Je pense que la passion du gibier, le courage sont les moteurs de l’endurance. La volonté de chasser plusieurs heures sous une pluie froide et persistante est une qualité appréciée des utilisateurs. Elle est le fruit de la passion, cette même passion qui va pousser votre pointer à explorer les ronciers les plus serrés à la recherche de bécasses sédentaires.
Il est important de mettre votre jeune pointer dans des conditions difficiles et variées, et de préférence avec sa mère. Elle va lui servir d’exemple, avec elle, il va vaincre les difficultés du terrain. Elle va lui montrer le gibier et s’il est intelligent il comprendra que pour le trouver, il est nécessaire d’accepter de surmonter les difficultés de l’épreuve.
Je considère cette technique d’apprentissage essentielle pour l’éducation d’un pointer à la bécasse. Certes ce gibier peut se rencontrer sur des biotopes très différents, les uns sont faciles, les autres très durs. Sans cette mise en condition précoce, le chien refusera de pénétrer dans les secteurs difficiles… et je ne vous apprendrai pas qu’il est toujours désagréable à la chasse de laisser des terrains inexplorés.
Pointer spécialiste ou polyvalent ? S’il est intelligent, votre pointer s’adaptera à toutes les chasses. Sachez tout de même que la confrontation avec les oiseaux d’élevage n’améliorera pas ses qualités.
De par les qualités qui sont propres aux chiens britanniques (quête étendue et fermeté de son arrêt), le pointer est le chien idéal pour la recherche de gibier rare.
Il est évident que dans ce cas, pour profiter de la plénitude de ses capacités, l’utilisateur doit laisser son chien exprimer la totalité de son potentiel c'est-à-dire développer une quête ample avec un contact suffisant pour une utilisation correcte.
Le chien doit rester au service de son maître et celui-ci doit laisser au chien l’initiative suffisante pour une excellente exploration du terrain mis à sa disposition.
C’est malheureusement sur ce point que la grande majorité des chasseurs ne parvient pas à trouver le juste compromis. Beaucoup trop de chasseurs imposent à leur pointer une quête sous le fusil, n’ayant pas confiance dans la fermeté de l’arrêt de ce dernier.
Lorsque vous êtes certain de cette qualité primordiale, laissez donc votre pointer exprimer son merveilleux talent de chasseur et vous verrez dans son regard s’exprimer le plaisir qu’il a de se mettre à votre entière disposition.
Vous verrez dans ses yeux sa satisfaction de remplir cette mission avec les énormes possibilités dont la nature l’a généreusement doté pour satisfaire à la fois vos deux passions de la chasse.
Il faut savoir également que le pointer peut être pourvu d’une excellente mémoire. Cette faculté peut faire gagner du temps dans l’éducation du chien mais elle est à double tranchant, et il vaut mieux éviter de faire des erreurs de dressage
Cette merveille cynégétique vous montrera alors la totalité de son potentiel et entre vous naîtra une complicité sans égale. Un regard, un geste discret, pour le conforter dans son initiative, et le voilà rassuré, confiant, relancé pour cette recherche du gibier tant désiré.
Ces exceptionnels moments passés derrière de telles machines de chasse…. Vous ne les oublierez jamais.LE POINTER EN CONCOURS
A l’automne de ma carrière de juge, les pointers m’ont donné une impressionnante collection d’images et de souvenirs. Cette race possède, et de très loin, le meilleur ratio entre le nombre de carnets de travail et le nombre de naissances. C’est dire sa formidable disposition à l’utilisation dans ces domaines : la chasse et la compétition.
La finalité des concours est de récompenser les chiens qui seront utilisés comme géniteurs pour générer des chiens de chasse. Je l’ai déjà dit et c’est essentiel.
Les juges ne devraient jamais se départir de cette notion qui fait référence à la chasse.
Mais si à la chasse, la qualité primordiale d’un chien est son efficacité, la compétition intègre un paramètre supplémentaire : le style de race.
Le style est l’habit du chien… un chien sans style est un chien sans race. Or le pointer est le chien qui possède la plus belle garde-robe, les plus belles attitudes, les plus pures, les plus spécifiques avec, dans l’action, cette brutalité qui lui est si caractéristique.
Ce galop impétueux se transforme dans la seconde, en une statue fière, dominatrice, tendue par ce fil invisible qui la relie au gibier… c’est ça le pointer.
Son arrêt claque dans la plaine comme un coup de fusil, la poussière vole sous ses pattes tétanisées par la violence de l’action.
Cette typicité dans les attitudes est essentielle dans la compétition pour obtenir la récompense suprême.
Le domaine de la compétition est varié de part la nature du concours et celle des différents gibiers. A mon sens les épreuves de grande quête permettent de mettre en évidence les reproducteurs, tandis que les épreuves de quête de chasse sur gibier naturel servent à la vérification des qualités cynégétiques de leur descendance.Je ne parle pas des concours sur gibier lâché qui à mes yeux n’apportent pas grand-chose à la sélection hormis le fait de mettre en évidence des chiens susceptibles de recevoir un dressage strict.
Je classerai dans une rubrique à part les classiques sur cailles qui sont des concours spécifiques sur ce gibier qui n’est pas tout à fait sauvage. On exige dans ces épreuves une quête parfaitement régulière et bien établie et des qualités de style remarquables. Le gibier en l’occurrence, la caille est un support qui ne présente pas de difficultés particulières.
De grands trialers excellent dans ces épreuves, généralement très prisées en Italie. Ils y recueillent surtout la notoriété car le public peut venir voir ces chiens qu’il n’a pas l’occasion d’admirer habituellement, la grande majorité des concours de grande quête se déroulant hors des frontières de la péninsule.
Mais les trialers qui participent aux concours sur cailles garderont toujours cette quête qui n’est plus tout à fait la quête idéale pour la recherche des perdreaux : c’est le revers de la médaille.
La bécassine, la bécasse, le coq de bruyère, les faisans naturels et bien entendu les perdreaux rouges ou gris sont des gibiers qui ont chacun leur spécificité. Ils sont d’excellents tests pour nos pointers.
Les concours sur bécassines se déroulent dans des marais ou souvent dans des rizières en Italie. La bécassine est généralement un oiseau difficile pour le chien. Ce dernier doit avoir un nez sélectif. Dans le panel d’émanations fournies par les nombreux pensionnaires du marais (vanneaux, râles, mulots, rats, ragondins) il doit se concentrer sur celle de la bécassine.
Le chien bécassinier connaît aussi les endroits favorables pour y trouver son oiseau de prédilection.
Il en va de même pour les concours sur bécasses où l’expérience du terrain est importante ainsi que la passion pour vaincre les difficultés d’exploration des secteurs difficiles à pénétrer.
Les concours de montagne nécessitent une adaptation particulière à la topographie du secteur et particulièrement la façon de l’explorer. Dans les concours alpins sur coqs la hauteur de la végétation ajoute une difficulté supplémentaire que l’on ne rencontre pas dans les concours pyrénéens sur perdreaux, mais la montagne reste toujours un redoutable banc d’essai.
Ces concours doivent rester l’image de la chasse. Les conducteurs et les juges doivent marcher lentement pour permettre aux chiens une parfaite exploration du terrain.
Que ce soit au marais, au bois ou en montagne, le pointer s’adapte partout. Au cours de ma carrière j’ai vu de fabuleux pointers dans ces trois disciplines. Ils étaient tous présentés en concours par leurs propriétaires, qui étaient des spécialistes de ces chasses.
Les juges, là encore, ont une lourde responsabilité. A quoi sert-il de faire des concours de différentes catégories et sur différents gibiers pour les juger tous de manière identique.
Dans ces concours nous devrions toujours faire référence à la chasse et surtout valoriser les actions qui permettent au conducteur de tirer le gibier arrêté. Encore une fois : A quoi sert à la chasse un chien qui arrête du gibier que l’on ne peut tirer…. A rien.
Enfin dans les concours sur perdreaux au printemps et en automne est la plus prestigieuse des disciplines : la grande quête.
Grande quête de printemps sur des terrains et dans des conditions différentes : l’Andalousie, la douceur de son climat, les perdreaux rouges et les blés ondulés parsemés d’oliviers, puis les grands espaces de Beauce ou de Champagne, avec le vent froid et les perdreaux gris inapprochables ; la Grèce qui regroupe à la fois toutes ces conditions, la Serbie et ses grises dont les ailes font un bruit métallique au moment de l’envol.
Grande quête d’automne en Pologne ou d’hiver en France… Sans doute les plus beaux concours pour la sélectivité et la difficulté. J’ai beaucoup apprécié en Pologne l’autorité nécessaire pour la bonne conclusion d’un coulé sur compagnie dans un champ de pommes de terre. Il faut alors ce mélange de calme et de décision indispensable pour concrétiser le point.
Cette discipline rassemble des pointers, des dresseurs et des juges de caractère. Lorsque l’on sait la somme d’efforts fournis par le conducteur pour amener un chien à ce niveau de qualité, les sacrifices financiers consentis par le propriétaire, les juges doivent prendre conscience de l’importance de leur mission.
La grande quête, comme le pointer, ne supporte pas la médiocrité.
Tout va très vite, et l’attention doit être permanente. Les juges doivent être bien placés, anticiper sur les actions et avoir toujours les chiens en vue. Les conducteurs doivent marcher côte à côte à un pas raisonnable. Ils doivent éviter de perturber le chien concurrent par des coups de sifflets inutiles, et s’abstenir de courir en avant pour voir où se trouve leur chien.
Lorsque toutes les conditions sont réunies les hommes qu’ils soient présentateurs ou juges communient dans l’attente d’une action qui les fera vibrer par l’intensité qu’elle dégage.
Le juge aura toujours la responsabilité d’en évaluer la qualité. Son avis sera quelquefois différent de celui du conducteur, il y aura quelques divergences d’appréciation, mais je dois dire que la grande majorité des présentateurs sont des sportifs et que dans l’ensemble quelles que soient les erreurs des hommes, la valeur des bons pointers finit toujours par éclater.
Je dois rendre hommage à mes maîtres et en particulier à Jean Pierre Bouin d’avoir présente à l’esprit cette règle qu’il m’a enseignée:
« En cas de doute dans une action, l’interprétation doit toujours profiter au chien »Je n’ai certainement pas traité ce sujet de l’utilisation du pointer à la chasse et en concours avec toute la précision que vous souhaitiez.
Le temps manque pour en cerner tous les aspects. J’avais, je dois l’avouer la préoccupation d’adresser quelques messages.
Dans le monde de la compétition comme dans celui de la chasse, l’humilité nous permet de prendre conscience de nos erreurs.
Erreurs de jugements, erreurs de conduite…. Il y en a pour chacun de nous mais il y a une chose que nous devons garder présente à notre esprit : On a toujours quelque chose à apprendre avec les bons pointers.
Alors souhaitons que nos éleveurs nous fournissent longtemps de beaux et bons pointers qui viendront enrichir le grand livre d’images de la chasse et de la cynophilie.
CONCLUSION
Après ces journées consacrées au Pointer, il me revient l’honneur de clôturer cette manifestation.
Avant cela, permettez-moi tout d’abord remercier le Pointer Club d’Italie et tout particulièrement son Comité et son Président qui nous ont accueillis dans cette belle cité d’Alessandria. Merci Pino pour ton dévouement à cette race qui nous rassemble et nous passionne. Merci également à toutes les personnalités administratives qui ont favorisé et aidé ce rassemblement international.
Je tiens également à remercier personnellement M. Domenico Attimonelli, le distingué Président de l’ENCI, car je sais la place qu’il réserve au pointer dans son cœur. Merci à tous les intervenants qui sont venus participer à ces journées.
Mes remerciements vont également à tous les exposants. L’Italie, c’est le culte de l’élégance et de la beauté. C’est sans doute pour cela que le pointer est apprécié dans ce pays et que les expositions de pointers sont toujours très renommées.En conclusion de ces journées je souhaite toutefois vous délivrer un message personnel :
Le Pointer est un patrimoine que nous avons reçu et que nous devrons transmettre à nos enfants.
Notre rôle, est certes de conserver les qualités de cette merveilleuse machine de chasse, mais aussi, si possible, de l’améliorer. Pourquoi ?
Parce que le gibier est de plus en plus rare et de plus en plus difficile à approcher et que les pointers de demain devront être plus performants que ceux d’hier.
Juges, dirigeants de clubs, dresseurs, éleveurs, nous sommes tous impliqués dans ce rôle d’amélioration.
Chaque décision du juge, chaque choix d’un géniteur par un éleveur est un acte responsable qui influence l’avenir de la race.
Les moyens de communications modernes font qu’aujourd’hui on traverse plus facilement l’Europe. Le pointer ne connaît pas de frontières, Jean Pierre Bouin l’avait compris lorsqu’il a créé le Pointer Club International. Nous sommes tous solidaires dans cette mission.Ecarter les chiens dysplasiques des plus hautes récompenses est un premier pas dans l’éradication de la dysplasie. Ne pas en tenir compte …. C’est construire un édifice sur un sol instable.
Chaque dresseur a l’occasion d’apprécier la force ou la faiblesse de caractère du chien à l’occasion de son éducation. De la même façon le juge découvre dans l’attitude d’arrêt ou l’expression du coulé la volonté de domination du gibier et l’avidité du trialer. Attribuer le CAC à un pointer qui arrête couché c’est ouvrir la porte du Championnat à un chien…. Pas à un pointer…
Les juges doivent se comporter en éleveurs et n’attribuer les plus hautes récompenses qu’aux pointers qu’ils souhaitent utiliser comme géniteurs.
Je n’oublie pas les chasseurs qui utilisent les chiens dans des conditions différentes de la compétition. Ils sont à même d’en apprécier l’endurance, le courage et l’intelligence.
Les critères morphologiques sont bien entendu à prendre en considération afin que la race reste homogène et qu’il n’y ait pas d’un coté les chiens de travail et d’autre part ceux d’exposition.C’est donc une mission qui nous concerne tous. Je souhaite que nous en prenions tous conscience. Je remercie tous les éleveurs qui travaillent parfaitement dans cette direction. Je remercie tous ceux, et ils se reconnaîtront, qui ont accepté de céder la semence de leurs champions. Nous sommes une grande famille et je me félicite que l’esprit et les idées de nos Présidents disparus, Jean Pierre Bouin et Carlo Zironi, soient toujours d’actualité. Ils seront toujours les fondateurs aimés et respectés de notre Pointer Club International et c’est par une pensée pour eux que je souhaite clore cette journée.
Jean Claude Darrigade